Que nous réserve 2026 : et si les réponses étaient dans la philosophie ?

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Quand l’intimité se « physio-localise »
Il est particulièrement frappant de découvrir, résumé en quelques lignes et s’adressant à des milliers de personnes du même signe, ce qui relève de la plus pure intimité, à savoir notre bien-être physique. Il l’est d’autant plus quand l’intimité se « physio-localise » en des points extrêmement précis de notre corps. Quelle n’est donc pas votre surprise quand vous apprenez, entre un article consacré aux bûches du réveillon et la numérologie, que votre point faible de l’année à venir se situera au niveau de vos articulations ou de votre digestion ! Les philosophes, aussi, avaient pourtant perçu cette alliance fondamentale entre le corps et l’esprit, et si l’on a tendance à ne voir en eux que de purs esprits, on oublie la diététique, soit cet ensemble de règles établissant une alimentation variée et équilibrée, qu’un certain nombre d’entre eux préconisaient pour bien penser, mais surtout pour bien vivre. Ne plus craindre la mort à coups d’arguments, c’est bien, mais contrôler cette peur en prenant soin de soi, c’est encore mieux ! Si l’on peut ainsi rappeler qu’au siècle des Lumières, Jean-Jacques Rousseau pointait la corruption de notre bonté naturelle par la société, condamnant tour à tour les sciences, les arts et les plats trop chargés (préférant garder la ligne avec des bains froids et une alimentation simple à base de poires et de fromages), on peut remonter jusqu’à la Grèce antique d’Épicure pour apprendre sa diététique physico-spirituelle.

Des mets simples donnent un plaisir égal à celui d’un régime somptueux si toute la douleur causée par le besoin est supprimée, et du pain d’orge et de l’eau procurent le plus vif plaisir à celui qui les porte à sa bouche après en avoir senti la privation

Épicure
Dans la fameuse lettre qu’il nous reste de lui et qu’il adresse à Ménécée, on a surtout retenu son grand argument théorique pour ne plus craindre la mort. Pourquoi donc, la mort étant une privation de sensibilité, craindre un mal dont on ne saura ni ne sentira rien ? Mais c’est là mettre de côté un autre grand argument. Pourquoi donc craindre la mort si vous vivez bien, c’est-à-dire sans troubles du corps et de l’âme ? Ce qu’Épicure entreprend, c’est de nous ôter notre angoisse de la mort, mais surtout d’apaiser notre crainte de la douleur. Car ce qui nous hante, faut-il lire entre les lignes, c’est la souffrance. Et contre cela, rien de mieux que de suivre le régime qu’il nous invite à suivre : « Des mets simples donnent un plaisir égal à celui d’un régime somptueux si toute la douleur causée par le besoin est supprimée, et du pain d’orge et de l’eau procurent le plus vif plaisir à celui qui les porte à sa bouche après en avoir senti la privation (…). Du pain et de l’eau, le régime est certes peut-être un peu sec, mais il permet de mettre les choses au clair : vivre bien n’a rien à voir avec une débauche de plaisirs – c’est confondre épicurisme et épicurien – mais avec l’absence de souffrance. » Et de conclure ainsi pour cette année qui s’annonce : « Le plaisir dont nous parlons est celui qui consiste, pour le corps, à ne pas souffrir, et pour l’âme, à être sans trouble. »

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